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Cryojet se lance dans la cryothérapie corps entier, version électrique

Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1562 - 26/03/2020



Masseur-kinésithérapeute et ostéopathe, Samuel Queniart a contribué au développement d’une chambre de cryothérapie corps entier (CCE) électrique, E-cryo, qui sera commercialisée par la société Cryojet System France. Figurant parmi les premiers utilisateurs d’une cabine de cryothérapie à l’azote de fabrication polonaise, en 2011, il s’est lancé dans l’aventure pour améliorer cet outil qu’il trouvait “séduisant et perfectible”. L’électricité s’avère par ailleurs plus pertinente pour certaines installations, notamment sur le plan économique, puisque le coût d’utilisation de sa chambre de CCE est de l’ordre de 10 à 15 € par jour.

Cette chambre existe en 3 tailles : large (3 personnes peuvent se tenir à l’intérieur), compacte (2 personnes) et ultra-compacte (1 personne). Les 2 dernières versions sont les plus susceptibles de trouver leur place au sein d’un cabinet de kinésithérapie. En termes d’encombrement, la compacte occupe 3,40 x 3,40 m, et l’ultra-compacte 2,40 x 2,40 m, auxquels il faut ajouter un local technique de 8 m2.

Les chambres sont toutes en 2 parties, avec un premier sas à une température équivalente de -50°C où le patient reste 30 secondes, le temps de s’habituer un peu au froid et de s’assécher. “Cela permet aussi de n’avoir que peu de déperdition de température dans la 2e partie de la chambre, à une température équivalente de -110°C, et d’y maintenir le niveau d’hygrométrie proche de 0.

C’est indispensable, sachant qu’il faut 45 minutes pour que la chambre atteigne cette température lorsqu’on l’allume”, précise le kinésithérapeute.

Des protocoles précis élaborés avec l’université de Besançon
“Nous avons trouvé un équilibre entre le froid nominal et la vitesse du vent (il s’agit d’un froid éolien dynamique) pour que le choc de température soit efficace à une température de -110°C”, explique Samuel Queniart. “Par ailleurs, nous nous sommes affranchis de la durée de 3 minutes qui est habituellement proposée à tous les patients, quels que soient leurs caractéristiques. Il est évident que le choc thermique n’est pas le même pour un rugbyman de 100 kilos et une jeune femme de 50 kilos ! On sait aussi que le corps d’une femme ménopausée ne réagit pas au froid de la même façon que celui d’une femme dans la force de l’âge.”

Différents protocoles ont été élaborés (et brevetés) avec la contribution d’une équipe de l’université de Besançon et un laboratoire de Poitiers, “de façon à ce que le kinésithérapeute puisse proposer un temps d’exposition adapté à chaque patient”. Différents critères ont été pris en compte pour que le choc thermique soit efficace, mais pas excessif : l’âge du patient, son sexe (“ce sont 2 critères majeurs”, insiste Samuel Queniart), sa taille et son poids, bien sûr, son morphotype (“très actif, actif ou sédentaire”), et les objectifs du traitement : accompagnement de la douleur, troubles du sommeil, récupération sportive, bien-être…

Tous ces critères pondèrent le réglage de la température de plusieurs degrés. Les protocoles sont affinés en fonction des retours des utilisateurs (il existe actuellement une dizaine de chambres de ce type en France, mais ce nombre devrait rapidement augmenter avec la commercialisation par Cryojet System France).

L’intérêt d’une caméra infrathermique
Durant toute la séance, la température du patient est prise en temps réel, par le biais de capteurs dans la machine. “Nous avons par ailleurs ajouté une caméra infrathermique qui permet au kinésithérapeute et au patient de visualiser en temps réel la température corporelle : des zones qui étaient rouges au début de la séance deviennent progressivement jaunes, puis vertes ou bleues. Cela aide le patient à se rendre compte de ce qui se produit dans son corps.”

© D.R.

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