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Atelier: limiter les effets du stress grâce à l'auto-hypnose

©Dilok Klaisataporn

Sophie Conrard
- 6 mai 2022

L'association Soins aux professionnels de la santé (SPS) organisait mercredi une demi-journée d'ateliers avec l'hôpital de Rouffach, en Alsace. Des ateliers destinés à faire découvrir au personnel différentes techniques pour prendre soin de leur santé physique et mentale.



Quatre ateliers d'une heure étaient au programme : « Appréhender le changement », « Maîtriser efficacement son temps et ses priorités », « émotions et prise de décision » et « Limiter les effets du stress par l'hypnose ». Nous avons assisté à celui-ci. Il était animé par Steeve Huet, sapeur-pompier à Roissy mais aussi sophrologue et hypno-praticien. Il pratique ce qu'il appelle une « hypnose humaniste », proche de la sophrologie « sauf qu'au lieu de travailler avec le conscient, on travaille avec l'inconscient ». Le corps est pour lui au centre de cette démarche, d'où l'importance du sport, qu'il pratique avec assiduité : « quand le corps se vit, se perçoit, se ressent, il nous donne de nombreuses informations et peut nous aider à avancer dans notre vie », a-t-il expliqué.

« Dans le domaine thérapeutique, tout le monde est réceptif à l'hypnose. La seule différence, c'est le laps de temps nécessaire à chacun pour entrer en état de transe, cet état de conscience modifié qui permet d'atteindre la réceptivité. Certains vont plus vite que d'autres. À ce propos, l'une des clés est de savoir si vous êtes vraiment prêt, si vous avez décidé d'aller mieux. »

Proposition de définition

Dans le cadre thérapeutique, l'hypnose met en lumière les capacités et ressources du cerveau afin d'activer ses pouvoirs d'autoguérison psychique et corporelle, à l'aide de suggestions et propositions. Elle permet d'atteindre un état de conscience modifié, entre la veille et le sommeil, grâce auquel un travail peut se mettre en place.

On peut l'utiliser pour vaincre son stress, une phobie, se libérer d'une addiction, diminuer une douleur, surmonter un traumatisme, etc.

La bonne nouvelle, c'est que « personne n'a été oublié à la naissance : nous avons tous des capacités et des ressources à l'intérieur de nous », a insisté Steeve Huet.

Le 4 mai, l'objet de l'atelier visait notamment à apprendre aux participants à « poser un geste signal à utiliser dans les moments de stress, afin de faire diminuer la pression ». Un geste tout simple, discret, faisable en toutes circonstances. « En situation de stress, un individu n'a pas accès à ses ressources intérieures. En situation de lâcher-prise, il y a accès. Ce n'est pas facile à mettre en place mais en s'entraînant, chacun peut y arriver. Chacun devra répéter ce geste signal pour qu'il s'ancre en lui, en n'hésitant pas à le faire dans différentes situations pour qu'il puisse être efficace dans différents contextes. » On est ici dans l'auto-hypnose plus que l'hypnose. La transe est moins profonde que lorsqu'on est guidé par un thérapeute. Mais cela fonctionne !

Un centre hospitalier décidé à protéger ses soignants

Cette e-Jades était organisée avec le soutien de l'ARS Grand-Est, qui collabore depuis de longues années avec SPS. Le format était hybride : environ 25 personnes l'ont suivie en visioconférence, et une vingtaine de salariés de l'hôpital y ont participé sur place.

Une nouvelle journée d'ateliers sera organisée cet automne à l'hôpital de Rouffach, en présentiel (c'était le projet initial), a annoncé le directeur de l'établissement, François Courtot. « Nous n'avons pas attendu la crise Covid pour nous pencher sur la question, mais elle nous a poussés à sauter le pas. Durant le premier confinement, nous avons fait intervenir des psychologues, qui proposaient différentes actions dont des ateliers 'ressources et soins' (yoga, méditation de pleine conscience, massage réflexologie), qui perdurent aujourd'hui. Depuis, nous avons obtenu un financement de l'ARS, dans le cadre du contrat local d'amélioration des conditions de travail. Nous avons rencontré SPS il y a quelques mois pour organiser une JADES au sein de l'établissement, et nous allons booster notre communication sur le sujet », promet-il.

Rappel

L'association SPS a mis en place un Numéro Vert gratuit, anonyme, accessible 24h sur 24 et 7 jours sur 7 : 0 805 23 23 36. Une centaine de psychologues spécifiquement formés pour répondre aux professionnels de la santé en souffrance se relaient. « Vous pouvez faire appel à nous jour et nuit », a insisté la directrice de l'association, Catherine Cornibert, le 4 mai.

« Vous pouvez également nous appeler si l'un de vos collègues va mal : nous vous donnerons des conseils pour lui venir en aide, même s'il ne souhaite pas nous téléphoner », a complété Pauline Dubar, responsable des projets santé de l'association.

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