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Soyons «Open»

Aude Quesnot, Christophe Dauzac
Kinésithér Scient 2014,0556:01 - 10/07/2014

1789 n’a peut-être pas encore donné tous ses fruits. C’est au tour de notre système de santé de subir une petite révolution. L’ouverture des données publiques en matière de santé – l’Open Data – permettra l’exploitation « en temps réel » de l’information, reléguant à un autre temps la découverte en laboratoire ou l’analyse d’échantillons restreints.

C’est l’acquisition et même la revendication de nouveaux pouvoirs du patient, citoyen par ailleurs, qui poussent les pouvoirs publics à la transparence, dans un domaine où le secret médical doit, cependant, rester la règle. Mieux se faire soigner, disposer d’un plus grand nombre d’informations pour choisir son praticien ou un établissement de santé, sont des demandes récurrentes et croissantes de l’usager.

Les données comme ressources, c’est le nouvel enjeu de la dématérialisation en matière de santé. Par exemple, le suivi en temps réel de la consommation de médicaments ou la surveillance épidémiologique, à l’échelle de la population entière, permettront de détecter les éventuelles dérives de certains traitements.

Actuellement, l’Institut de veille sanitaire s’appuie sur des structures qui recueillent pour lui des informations en continu. L’Assurance maladie deviendrait partie prenante de la recherche médicale ? La réutilisation de millions de données, au préalable croisées, telles que les profils des patients, leurs motifs de consultations, les traitements entrepris, les contenus d’imagerie, ne pourront qu’enrichir le système de santé que nous souhaitons tous voir progresser vers l’efficience. Mais il est nécessaire d'encadrer l’utilisation de ces informations, en s’appuyant notamment sur leur anonymisation et – peut-être – le consentement du patient.

Cette ouverture est rendue nécessaire par l’évolution des techniques et des technologies. Aux États-Unis, une application mobile baptisée « Asthmapolis », conçue en partenariat avec les instances publiques, a permis de recueillir les données de patients asthmatiques équipés d’inhalateurs géolocalisés. Des médecins, des scientifiques et des organismes de santé publique peuvent ainsi identifier des déclencheurs environnementaux, surveiller les émissions de polluants, et donc améliorer globalement la prise en charge de l'asthme.

Pourquoi se priver de l'Open Data, quand son bon usage ne peut qu’entraîner des bénéfices directs pour le patient et indirects pour la profession ? Il appartiendra aux professionnels de créer du lien entre les chiffres diffusés, leur interprétation, le diagnostic de certaines situations et les pistes d’amélioration.

 


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