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Au musée Jacquemart-André : Les Impressionnistes en Normandie

Étretat, la porte d'Aval, bateaux de pêche sortant du port", de Claude Monet, 1885. Musée des beaux-arts de Dijon. 60 x 80 cm. Huile sur toile. "

Damien Regis
Kiné actualité n° 1436 - 25/02/2016

Six ans après la brillante série d'expositions et de manifestations organisée par les départements normands pour rendre hommage aux Impressionnistes [1], voici les maîtres du paysage de retour au musée Jacquemart-André, à Paris. De belles retrouvailles.

Commençons avant tout par rendre hommage à la scénographie d’Hubert le Gall, dont le talent contribue à la réussite de cette énième exposition consacrée aux Impressionnistes. Sa façon de retracer l’histoire de ce genre pictural apparu au 19e siècle, des peintres précurseurs aux grands maîtres, en rehausse encore l’intérêt.

Pas moins de cinquante œuvres prestigieuses, prêtées par de grands musées européens et américains, mais aussi par des collectionneurs privés, sont rassemblées à Paris pour retracer l’histoire de l’impressionnisme. Né en Angleterre dans les années 1820, ce mouvement pictural trouvera en la Normandie, pendant environ un siècle, une terre d’élection pour tous les artistes d’avant-garde ayant choisi de peindre en plein air. Située à mi-chemin entre Londres et Paris pour les artistes venus par la mer, cette région offre la richesse de ses paysages, la curiosité de ses bains de mer et la beauté de ses sites le long de la Seine.

Dès la fin des guerres napoléoniennes, c’est curieusement au moment où des peintres français de renom, comme Delacroix ou Géricault, se rendent à Londres pour y découvrir l’école anglaise que débarque en Normandie la première vague des peintres d’outre-Manche, comme Turner ou Cotman. De ces échanges va naître la fameuse école française du paysage dont Corot et Huet vont aussitôt prendre la tête. S’ensuit toute une génération de peintres qui va inventer une nouvelle esthétique de la peinture de plein air et s’implanter dans les cadres les plus bucoliques de la verte Normandie. On y retrouve Delacroix, Riesener, Daubigny, Millet, Jongkind, Isabey, Troyon et beaucoup d’autres, dont les toiles font aujourd’hui la richesse et le prestige des plus beaux musées du monde.

“Régates en mer Villerville-Trouville”, de Gustave Caillebotte. Vers 1884. Toledo Museum of Art ; Gift ofThe Wildenstein Foundation, 1953.69.
60,3 x 73 cm. Huile sur toile.
“La Cueillette des moules”, de Pierre-Auguste Renoir, 1879. Washington, National Gallery of Art.
54,2 x 65,4 cm. Huile sur toile.

Les “beautés météorologiques” de Boudin
Ainsi que l’exposition l’explique parfaitement, c’est au début des années 1860, à l’occasion des rencontres de Saint-Siméon et sur la Côte Fleurie que cette révolution artistique prend vraiment forme. Toute la fine fleur de la peinture s’y donne régulièrement rendez-vous, notamment les inséparables Boudin, Monet et Jongkind, mais aussi Courbet, Daubigny, Bazille ou Whistler.

Dès 1859, Baudelaire est le premier à célébrer les “beautés météorologiques” de Boudin. Et dans le bocage alentours, Degas peint ses premières courses de chevaux au Haras-du-Pin tandis que sa voisine Berthe Morisot s’initie aux lumières du paysage. À Cherbourg, Manet redonne vie à la peinture de marine dont il va devenir l’un des maîtres. Pendant plusieurs dizaines d’années, des peintres devenus aussi réputés que Degas, Monet, Renoir, Pissarro, Boudin, Morisot, Caillebotte ou Gauguin vont planter leur chevalet dans la Normandie des quatre saisons, captant les variations de ses paysages et les caprices de son ciel et de ses rivages.

De chef-d’œuvre en chef-d’œuvre, l’exposition emporte le visiteur dans cette belle région, déjà à la mode, expliquant de quelle façon elle avait su jouer un rôle décisif dans l’émergence de l’impressionnisme. Des échanges franco-anglais au développement de cet atelier en plein air en passant par les rencontres de la Côte Fleurie, c’est une page majeure de l’histoire de l’art qui est ainsi présentée dans le cadre idéal du musée Jacquemart-André.

Ce parcours au milieu de tant d’œuvres aussi prestigieuses a aussi pour effet de donner l’envie d’aller se promener dans les paysages normands couchés sur la toile, aux premiers jours du printemps qui approche.

Du 18 mars au 25 juillet 2016
“L’Atelier en plein air – Les Impressionnistes en Normandie”
158, bd Haussmann - 75008 Paris
Tél. : 01 45 62 11 59 et  www.musee-jacquemart-andre.com

[1] Lire Ka n°1183.

© Musée des beaux-arts de Dijon. Photo François Jay
© Photograph Incorporated, Toledo
© Courtesy National Gallery of Art, Washington

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