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La stratégie du gouvernement pour lutter contre la désinformation en santé

©SvetaZi

Sophie CONRARD
- 4 février 2026

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a lancé mi-janvier une stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé. Elle repose notamment sur 6 piliers : l'éducation, la formation, l'information, la détection, les sanctions et la recherche.



Cette stratégie s'appuie sur le rapport produit par 3 scientifiques, Mathieu Molimard, Dominique Castogliola et Hervé Maisonneuve, qui avaient été missionnés par le précédent ministre de la Santé, Yannick Neuder, pour réfléchir à des moyens de lutter contre la désinformation en santé. "Amplifiée par les réseaux sociaux, la désinformation en santé, qu’elle concerne la vaccination, les traitements médicaux ou certaines pratiques de soins non conventionnels, peut détourner des patients des soins, fragiliser la prévention et nourrir une défiance durable envers la science et les institutions sanitaires", a déclaré Stéphanie Rist. "Dans un contexte marqué par une défiance croissante envers la science et les institutions sanitaires, la lutte contre la désinformation constitue une priorité de santé publique. Garantir l’accès à une information fiable est une condition essentielle pour permettre à chacun de faire des choix éclairés en matière de santé."

La ministre souhaite notamment mettre à contribution la société civile : associations citoyennes, collectifs de soignants, plateformes de fact-checking, journalistes scientifiques, influenceurs engagés, enseignants, etc. "Il s'agit de passer d'une logique descendante à une mobilisation horizontale, pluraliste et durable", explique le ministère.

En avril sera publié un baromètre analysant la façon dont les citoyens perçoivent la désinformation en santé.

Un observatoire dédié sera créé, qui deviendra "le point d'entrée public de l'information en santé fiable en France". Il sera chargé "d’identifier, d’analyser et de documenter les phénomènes de désinformation. Il assurera une veille continue, publiera des baromètres et des travaux de recherche, et animera des groupes de travail thématiques, avec pour objectif de mieux informer, alerter et sensibiliser les acteurs de la santé et de l’information".

Un dispositif d’infovigilance en santé doit être mis en place très prochainement, dont la mission sera de "détecter rapidement les fausses informations en santé, d’en analyser les ressorts et de diffuser des réponses fiables et pédagogiques. Il s’appuiera sur un réseau d’alliés (experts, journalistes, institutions, créateurs de contenus) et proposera des formats adaptés aux réseaux sociaux ainsi que des réponses de référence via le site public Santé.fr".

Enfin, le ministère entend "bâtir un socle de confiance propice à l'information en santé", avec un ensemble de mesures hétérogènes. Elles concernent le renforcement de l'éducation critique à la santé, avec des kits pédagogiques pour les enseignants et les enfants, en cours d'élaboration. Le rapport Molimard évoque de façon plus large l'éducation à l'esprit critique, à la science, à la santé et aux médias, et ce tout au long de la vie.

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