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Retour aux fondamentaux

Sophie Conrard
Kiné actualité n° 1568 - 18/06/2020



Si on ne peut même plus croire le très sérieux Lancet, où va le monde ? Il y a 15 jours, ce journal britannique réputé pour son sérieux a procédé à la rétractation d’un article sur l’hydroxychloroquine, qui avait conduit l’OMS et plusieurs pays à suspendre brutalement des essais cliniques visant à tester son efficacité. Cet article était fondé sur des données fournies par une petite société américaine inconnue jusqu’alors, Surgisphere, qui a réussi à s’associer avec des chercheurs de renom et dit avoir collecté les données médicales de 96 000 patients hospitalisés pour cause de Covid-19, dans 671 hôpitaux sur 6 continents. Problème : il s’est avéré impossible de vérifier la véracité des sources de ces données. Question : pourquoi le Lancet ne s’en est-il pas préoccupé avant de publier l’article en question ?

On en revient aux bases du journalisme : toujours prendre le temps de vérifier ses informations et ses sources, et de confronter les points de vue. Pas simple, dans un contexte d’urgence sanitaire. Personne n’est à l’abri d’une erreur. Sauf que quand le Lancet publie quelque chose, tout le monde y croit. Espérons que cette histoire nous amène à aiguiser notre sens critique, dans tous les domaines.

Nous publions cette semaine un dossier sur les enjeux du “Ségur de la santé” organisé en urgence par le gouvernement (lire p. 12 à 15). La profession, “négligée par les autorités, qui l’oublient trop souvent dans leurs rapports”, souffre depuis des années de “déconsidération” (source : communiqué de presse publié le 9 juin par l’ensemble des organisations représentant les kinésithérapeutes). Tout le monde a pu s’en apercevoir lors de la crise du coronavirus.

Le “Ségur” permettra-t-il d’inverser la tendance ?

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