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Escap : on rentre dans le vif du sujet

©Flashvector

Sophie Conrard
- 20 mars 2023

Ouvertes en décembre dernier, les négociations sur les Escap (équipes de soins coordonnées autour du patient) vont rentrer dans le concret le 7 avril. Elles étaient très attendues par les libéraux qui portent cette initiative au sein de l'UNPS. Le point avec son président, le Dr William Joubert.



Un calendrier de réunions a été communiqué par la Cnam à l'UNPS et des groupes de travail se mettent en place sur 2 sujets : le périmètre d'inclusion de l'expérimentation, qui sera nationale, et l’outil numérique de coordination. "La grille d’inclusion doit être finalisée avec la Cnam et France Assos Santé, qui est associée à nos travaux. L'assurance maladie souhaite qu'elle soit plus précise sur plusieurs points", précise William Joubert. Notamment le niveau de complexité de la polypathologie et l'âge des patients : "Il ne doit pas être trop bas, sinon l'expérimentation va inclure trop de monde. La Cnam souhaite aussi inclure les patients diabétiques insulino-dépendants, les patients en suites d'AVC post-opératoires et ceux qui sont en soins palliatifs, ce que nous n'avions pas envisagé au départ."

En amont de ces négociations, l'UNPS a travaillé avec les éditeurs de logiciels qui élaborent l'outil nécessaire à cette coordination. Il sera intégré dans le logiciel métier des professionnels. Sur ce plan, les travaux ont déjà bien avancé.

Les négociations sur la rémunération des professionnels impliqués interviendront dans un deuxième temps. "Elle dépendra du périmètre et des résultats de l'expérimentation", précise le président de l'UNPS, qui propose que l'on rémunère "les professionnels qui seront équipés de cet outil, mais aussi qu'on les incite à l'utiliser avec une rémunération à l'acte ou au forfait (cela reste à définir). Une partie de la rémunération doit être basée sur l'usage".

Un compromis à trouver sur la durée de l'expérimentation

Il serait souhaitable que "cette expérimentation s'inscrive dans le temps, pour que les Escap aient le temps de se déployer. Cela va concerner potentiellement un grand nombre de professionnels et de patients puisque cette coordination sera ouverte à tout le monde. Il faudra du temps pour les informer, leur faire savoir que les Escap existent. La Cnam propose une expérimentation sur 1 an, quand l'UNPS demande qu'elle dure 5 ans. Mais 1 an, c'est trop peu pour faire connaître le dispositif", insiste son président.

Il n'y a pas de date butoir officielle pour ces négociations "mais nous souhaitons que cela aille vite. D'ici un trimestre, j'espère que nous aurons trouvé un compromis", note William Joubert, satisfait de voir qu'"un frein politique a été levé puisqu'elles vont enfin démarrer. Enfin nous avons l'espoir de voir aboutir ce projet de coordination que nous portons depuis 2 ans !"

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